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Jalons historiques

Atmospheric weapon testIl y a plus de cinquante ans, il a été proposé à l'Assemblée générale des Nations Unies, en réaction apparemment à une proposition appelant à l'arrêt immédiat de toutes les explosions nucléaires, de créer un Comité chargé de recueillir et d'évaluer les informations sur les niveaux et les effets des rayonnements ionisants. Plus tard, le 3 décembre 1955, l'Assemblée générale a approuvé à l'unanimité la résolution 913(X), qui créait le Comité scientifique des Nations Unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR). A l'origine, le Comité comprenait des scientifiques de haut niveau originaires de 15 Etats Membres désignés de l'ONU, à savoir l'Argentine, l'Australie, la Belgique, le Brésil, le Canada, l'Egypte, les Etats-Unis, la France, l'Inde, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Suède, la Tchécoslovaquie et l'URSS.

Dirigeants de l'UNSCEAR (1955 - aujourd'hui)
Secrétaires de l'UNSCEAR (1955 - aujourd'hui)



Le Secrétaire général de l'ONU, Dag Hammarskjöld, nomma M.Ray Appleyard (Canada) Secrétaire du Comité, dont la première session s'est tenue du 14 au 23 mars 1956 à New York. Les deux premiers rapports de fond soumis à l'Assemblée générale, en 1958 et 1962, ont dressé un bilan complet de l'état des connaissances sur les niveaux des rayonnements ionisants auxquels les êtres humains étaient exposés et sur les effets possibles de ces expositions. Ces rapports ont constitué la base scientifique de la négociation et de la signature, en 1963, du Traité sur l'interdiction partielle des essais nucléaires, interdisant les essais d'armes nucléaires dans l'atmosphère.

Japanese delegation at the 5th session in 1960Au cours des décennies qui ont suivi cette première étape importante, l'UNSCEAR est devenu l'autorité officielle internationale en matière de rayonnements ionisants, utilisés aussi bien à des fins pacifiques que militaires, et provenant à la fois de sources naturelles et artificielles. Dans son premier rapport, datant de 1955, l'UNSCEAR a reconnu que les expositions médicales à des fins de diagnostic et de traitement étaient à l'échelle mondiale une composante majeure de la radioexposition artificielle, ce qui est encore vrai aujourd'hui. Le Comité a systématiquement analysé et évalué les niveaux et les tendances, à l'échelle régionale et mondiale, de l'irradiation médicale, ainsi que de l'exposition du public et des travailleurs. Ces analyses ont été à l'origine de réductions importantes, au niveau mondial, des expositions aux rayonnements inutiles, et continue d'influer sur les programmes d' organismes internationaux tels que l'AIEA, l'OIT, l'OMS et la CIPR.

Le Comité a régulièrement évalué les signes d'effets sanitaires radio-induits à partir de l'étude des survivants des bombardements atomiques du Japon en 1945 ainsi que d'autres groupes exposés. Il a également analysé les progrès de la compréhension scientifique des mécanismes pouvant induire des effets sur la santé. Ces évaluations ont servi de base scientifique à la CIPR pour l'élaboration de ses recommandations concernant la radioprotection et aux organismes compétents du système des Nations Unies pour la formulation des normes internationales de protection.

UNEP logoEn 1973, l'Assemblée générale a invité cinq autres Etats Membres à participer au Comité, à savoir l'Allemagne, l'Indonésie, le Pérou, la Pologne, et le Soudan;  la Chine a été invitée en 1986. En 1974, le secrétariat de l'UNSCEAR a été transféré de New York à Vienne et lié fonctionnellement au Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Chernobyl plantL' accident de Tchernobyl, en 1986, a été un évènement tragique pour ceux qui en ont été victimes et une épreuve douloureuse pour les personnes les plus touchées. Dès le début, l'UNSCEAR a évalué les radioexpositions et les effets sur la santé. En 1988, il a publié une première étude sur les effets aigus de l'irradiation chez les travailleurs intervenus en urgence et sur les expositions au niveau mondial. Une évaluation plus détaillée des niveaux et effets des rayonnements a été publiée en 2000. Plus récemment, le Comité a participé au Forum de Tchernobyl, dont la mission importante a porté sur de nombreux aspects de l'accident, y compris le bilan des effets radio-induits sur la santé. Le Comité poursuivra naturellement ses travaux afin de faire progresser la base scientifique qui permettra de mieux comprendre les effets radiologiques de l'accident sur la santé.

Au cours des dix dernières années, l'attention s'est concentrée sur l'héritage radiologique de la guerre froide, avec l'évaluation des résidus radioactifs de la production et des essais d'armes, ainsi que sur les effets héréditaires des rayonnements. Les derniers rapports majeurs de l'UNSCEAR ont été publiés en 2000 et 2001. Plus récemment, l'attention s'est portée sur l'exposition professionnelle à des matières radioactives présentes à l'état naturel et sur l'exposition au radon. Les effets biologiques consécutifs l'exposition à de faibles doses de rayonnement et les effets sur les espèces non humaines sont des thèmes qui retiennent l'attention.

Le programme de travail de l'UNSCEAR le plus récent comprend des analyses faisant autorité sur : les risques liés à l'exposition au radon; les études épidemiologiques des rayonnements et leurs effets cancerigènes et non cancérigènes; les effets des rayonnements sur le système immunitaire ; et la réponse cellulaire aux rayonnements. Des études sont également en cours d'élaboration sur l'irradiation médicale, l'exposition du public et des travailleurs ; les radio-expositions dues à des accidents ; les effets de l'accident de Tchernobyl sur la santé; et les effets des rayonnements sur les organismes vivants non humains.

Depuis sa création, l'UNSCEAR n'a publié que 15 études majeures, mais ces rapports qui font autorité sont des sources d'information fondamentales. Année après année, l' Assemblée générale s'est félicitée des fonctions et des délibérations du Comité. Avec le remplacement, dans les années quatre-vingt dix, de l'URSS et de la Tchécoslovaquie par la Fédération de Russie et la Slovaquie, respectivement, le Comité compte aujourd'hui 21 pays membres, travaillant au nom de l'Organisation des Nations Unies. Plus de 50 organisations nationales et plusieurs organisations internationales fournissent d'importantes contributions en nature. Le secrétariat restreint, situé à Vienne, est lié au PNUE; il organise les sessions annuelles, dont il assure le service, et prépare les documents soumis à l'examen approfondi du Comité.

L'année 2006 a été celle du cinquantième anniversaire de la première session de l'UNSCEAR. À une réception donnée par le maire de Vienne pour marquer l'évènement, M. Hans Blix, invité d'honneur, a déclaré lors d'un discours que "sans le travail immense accompli par le Comité au fil des années, nous ne serions pas parvenus à l'harmonisation internationale nécessaire sur les questions de sûreté". Il a également ajouté que "ce siècle exigera un UNSCEAR qui reste indépendant, scientifiquement crédible et de plus en plus ambitieux pour faire face à des défis de plus en plus nombreux." Il a estimé que l'UNSCEAR devrait également se faire mieux connaître et faire mieux connaître ses travaux. "Il est essentiel que les conclusions de l'UNSCEAR soient reçues cinq sur cinq", a-t-il déclaré.

En 2011, l'Assemblée générale a invité six autres Etats Membres à participer au Comité, à savoir le Bélarus, l'Espagne, la Finlande, le Pakistan, la République de Corée et l'Ukraine, portant le nombre de membres de 21 à 27.

Last updated: Thursday, 15 December 2011