Home\Tchernobyl\ chernobyl

Télécharger les rapports de l'UNSCEAR (en anglais seulement)


  • Conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl (2008) ( pdf)
  • Effets génétiques possibles de l'accident de Tchernobyl (2001) (pdf)
  • Expositions et effets de l'accident de Tchernobyl (2000) (pdf)
  • Effets d'une irradiation aiguë (1988) (pdf)
  • Expositions dues à l'accident de Tchernobyl (1988) (pdf)

Liens clefs relatifs à Tchernobyl


L'accident de Tchernobyl

Évaluation des effets des rayonnements par l'UNSCEAR


Résumé

Unit 4 of the Chernobyl plantL'accident qui s'est produit le 26 avril 1986 à la centrale nucléaire de Tchernobyl était l'accident le plus grave que l'industrie nucléaire ait jamais connu. Le réacteur a été détruit et des quantités considérables de matières radioactives ont été libérées dans l'environnement. Cet accident a provoqué la mort, en l'espace de quelques semaines, de 30 employés de la centrale et blessé par irradiation plus d'une centaine d'autres employés. Après l'accident, les autorités ont évacué quelque 115 000 personnes des zones voisines du réacteur et, dans un deuxième temps, relogé environ 220 000 personnes originaires du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l'Ukraine. L'accident a eu de graves conséquences sociales et psychologiques pour les personnes concernées et provoqué des pertes économiques majeures dans toute la région. Les trois pays ont été largement contaminés, et on a détecté des radionucléides libérés par l'accident dans tous les pays de l'hémisphère Nord.

Parmi les habitants du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l'Ukraine, on a enregistré jusqu'en 2005 plus de 6 000 cas de cancers de la thyroïde chez les enfants et adolescents exposés lors de l'accident, chiffre qui devrait augmenter au cours des prochaines décennies. Quelle que soit l'incidence du renforcement des systèmes de dépistage, il est fort probable que ces cancers soient en grande partie imputables à l'exposition aux rayonnements juste après l'accident. Mis à part cette augmentation, il n'existait, 20 ans après l'accident, aucune preuve d'un impact majeur d'une exposition aux rayonnements sur la santé publique. Il n'existe aucune preuve scientifique d'une augmentation de l'incidence globale des cancers ou des taux de mortalité, ni des troubles bénins associés à une radioexposition. L'incidence des leucémies dans la population, l'une des principales sources de préoccupation en raison du temps de latence plus court que pour les cancers solides, ne semble pas avoir augmenté. Si les personnes les plus exposées ont aussi un risque plus élevé de souffrir des effets induits par l'irradiation, la grande majorité de la population ne devrait pas craindre de conséquences graves pour sa santé. On a observé de nombreux autres problèmes de santé dans ces populations qui n'ont aucun lien avec l'exposition aux rayonnements.

Évaluations de l'UNSCEAR

Le Comité scientifique a été impliqué dès le début dans l'évaluation de l'exposition aux rayonnements et des effets de l'accident sur la santé.

En 1988, il a publié une première étude consacrée aux  effets aigus des rayonnements sur les victimes de l'accident de Tchernobyl (21 pages), qui examine les expériences tirées du traitement des brûlures par irradiation présentées par les employés et les pompiers qui ont participé aux premières opérations de secours.

Il a aussi publié un récit de l'accident, qui traite de ses répercussions au niveau mondial et de la radioexposition, intitulé " Expositions dues à l'accident de Tchernobyl " (74 pages). Peu après l'accident, la dispersion des radionucléides et la radioexposition qui en a résulté ont été mesurées et évaluées dans toute la région. L'UNSCEAR a utilisé ces données pour évaluer les doses moyennes reçues par la population et les individus dans divers pays et régions, ainsi que pour l'hémisphère Nord tout entier.

En 2000, l'UNSCEAR a publié une étude plus détaillée sur les niveaux et effets des rayonnements, intitulée " Expositions et effets de l'accident de Tchernobyl " (115 pages). L'évaluation de la radioexposition des personnes évacuées, ou habitant toujours dans les régions les plus affectées par l'accident, a été laborieuse. Les premières mesures ont été complétées par des informations relatives notamment à la localisation et au régime alimentaire des personnes dans chaque zone. L'accumulation de données sur d'éventuels effets différés sur la santé a aussi nécessité du temps.

En 2001, l'UNSCEAR a aussi publié les résultats d'une étude sur les effets génétiques possibles de l'accident de Tchernobyl (4 pages). .

Entre 2003 et 2005, certains experts du Comité ont participé aux travaux du Forum de Tchernobyl, dont les conclusions se recoupent pour l'essentiel avec celles du rapport publié par l'UNSCEAR en 2000. >> Rapport de synthèse du Forum de Tchernobyl.

IEn 2008, le Comité a approuvé, à sa cinquante-sixième session, un document intitulé "Conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl", qui constitue une annexe scientifique (exemplaire préliminaire publié en 2011) à son rapport à l'Assemblée générale (A/63/46). Ce rapport se fonde sur plus de 20 ans d'études expérimentales et analytiques des conséquences de l'accident de Tchernobyl sur la santé des populations exposées et sur l'environnement. Les données examinées, notamment de nombreuses mesures dosimétriques et les résultats d'études épidémiologiques analytiques, ont permis d'évaluer en détail les niveaux d'exposition de la population et les effets des rayonnements sur la santé observés à ce jour.

En 2010, le Secrétaire général a soumis à l'Assemblée générale, en application de sa résolution 62/9 sur le renforcement de la coopération internationale, le rapport intitulé "Recherche d'une efficacité optimale dans l'action internationale entreprise pour étudier et atténuer le plus possible les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl" ( A/65/341).

Émission de radionucléides

L'accident de Tchernobyl s'est produit lors d'un test effectué sur un système de contrôle électrique de l'un des réacteurs, mis à l'arrêt pour des opérations courantes de maintenance. Les opérateurs, qui n'ont pas respecté les consignes de sécurité, avaient désactivé d'importants systèmes de contrôle et permis au réacteur, qui avait des défauts de conception, d'atteindre un état instable à faible puissance. Une brusque augmentation de la puissance a provoqué une explosion de vapeur qui a fissuré l'enceinte du réacteur, ce qui a entraîné une nouvelle interaction violente combustible-vapeur qui a détruit le cœur du réacteur et fortement endommagé le bâtiment. L'incendie de graphite qui s'est déclaré par la suite a duré environ 10 jours. Dans ces conditions, de grandes quantités de matières radioactives ont été libérées.

Thumbnail image of the caesium contamination map of Belarus, Ukraine and Russia Cartes de la contamination

Au début, les gaz et particules radioactifs ont été poussés par les vents en direction du nord-ouest. Les jours suivants, les vents venaient de toutes les directions. Les radionucléides se sont déposés à la faveur des précipitations survenues pendant le passage du nuage radioactif, si bien que les niveaux d'exposition varient dans l'ensemble de la région affectée et, dans une moindre mesure, dans le reste de l'Europe.

Radioexposition de la population

The radionuclides released from the reactor that caused exposure of individuals were mainly iodine-131, caesium-134 and caesium-137. Iodine-131 has a short radioactive half-life (eight days), but it can be transferred to humans relatively rapidly from the air and through consumption of contaminated milk and leafy vegetables. Iodine becomes localized in the thyroid gland. For reasons related to the intake of milk and dairy products by infants and children, as well as the size of their thyroid glands and their metabolism, the radiation doses are usually higher for them than for adults.

Les isotopes du césium ont des périodes radioactives relativement plus longues (2 ans pour le césium 134 et 30 ans pour le césium 137). Ces radionucléides sont une source d'exposition à long terme par voie d'ingestion et d'irradiation externe par des matières déposées sur le sol. L'accident a libéré de nombreux autres radionucléides, qui ont également été pris en compte dans l'évaluation de l'exposition.

Les doses efficaces moyennes reçues par les personnes les plus exposées ont été évaluées à environ 120 mSv pour les 530 000 liquidateurs, 30 mSv pour les 115 000 personnes évacuées et 9 mSv pour les résidents des zones contaminées pendant les 20 premières années suivant l'accident. (À titre de comparaison, la dose reçue lors d'un examen tomodensitométrique est en moyenne de 9 mSv). Les valeurs individuelles maximales de la dose peuvent être d'un ordre de grandeur ou plus. Mis à part le Bélarus, la Fédération de Russie et l'Ukraine, d'autres pays européens ont été affectés par l'accident. Dans ces pays, les doses nationales moyennes sont restées inférieures à 1 mSv pendant la première année après l'accident, et elles ont progressivement diminué par la suite. On a estimé à 1 mSv environ la dose moyenne sur la vie entière dans les pays éloignés d'Europe. Cette dose, comparable à la dose annuelle de rayonnement naturel (la moyenne mondiale est de 2,4 mSv), a par conséquent peu d'importance sur le plan radiologique.

Les personnes qui étaient engagées dans les travaux visant à atténuer les conséquences de l'accident et les résidents des alentours ont été exposés à des doses nettement plus élevées. Celles-ci sont examinées en détail dans les évaluations réalisées par l'UNSCEAR.

Effets sanitaires

L'accident de Tchernobyl a causé presque instantanément de graves irradiations. Sur les 600 travailleurs présents sur le site le matin du 26 avril 1986, 134 ont reçu de fortes doses (de 0,8 à 16 Gy) et été atteints du syndrome d'irradiation aiguë. Parmi eux, 28 sont décédés les trois premiers mois, et 19 autres sont décédés entre 1987 et 2004 de causes multiples qui n'étaient pas nécessairement liées à la radioexposition. En outre, selon le rapport de l'UNSCEAR pour 2008, la majorité des 530 000 personnes enregistrées qui ont participé aux opérations d'assainissement ont reçu des doses comprises entre 0,02 Gy et 0,5 Gy entre 1986 et 1990. Ces personnes risquent toujours de subir les effets différés de la radioexposition, tels que cancers ou autres maladies, et leur santé est surveillée de près.

The now deserted town of Pripyat near to Chernobyl

L'accident de Tchernobyl a causé une contamination étendue de zones de Biélorussie, Fédération de Russie et Ukraine habitées par plusieurs millions de personnes. En plus d'avoir causé une exposition aux rayonnements, il a entraîné des changements à long terme dans la vie des résidents des régions contaminées, puisque les mesures destinées à limiter l'irradiation incluaient un relogement, des modifications d'approvisionnement alimentaires et des restrictions d'activité pour les individus et les familles. Par la suite, ces changements ont été accompagnés par les changements majeurs d'ordre économique, social et politique dus à la désintégration de l'Union Soviétique.

Ces deux dernières décennies, on a mis l'accent sur la recherche de liens entre l'exposition aux radionucléides libérés par l'accident et d'éventuels effets différés, en particulier les cancers de la thyroïde chez les enfants. Les doses à la thyroïde reçues les premiers mois qui ont suivi l'accident ont été particulièrement élevées chez les enfants et les adolescents qui vivaient au Bélarus, en Ukraine et dans les régions de Russie les plus affectées, et ont bu du lait présentant de fortes concentrations d'iode radioactif. Jusqu'en 2005, on a recensé plus de 6 000 cas de cancer de la thyroïde dans ce groupe, dont une grande partie était très vraisemblablement imputable à l'absorption d'iode. On s'attend à ce que l'incidence des cancers de la thyroïde due à l'accident de Tchernobyl continue à augmenter pendant de nombreuses années, même si cette augmentation est difficile à quantifier avec précision sur le long terme.

Parmi les travailleurs russes ayant participé aux opérations d'assainissement, qui ont été soumis à des doses plus élevées, les dernières études indiquent que l'incidence des leucémies a légèrement augmenté. Toutefois, d'après d'autres études, l'incidence annuelle des leucémies attribuables à une exposition aux rayonnements devrait diminuer quelques dizaines d'années après cette exposition. Par ailleurs, il ressort d'études récentes menées sur ces travailleurs que des doses de rayonnement relativement faibles peuvent provoquer des opacités du cristallin.

Les 106 patients qui ont survécu au syndrome d'irradiation aiguë ont mis des années pour se rétablir complètement. Nombre d'entre eux ont développé des cataractes radio-induites au cours des premières années suivant l'accident. Entre 1987 et 2006, 19 survivants sont décédés de causes multiples. Certains de ces décès n'étaient toutefois pas liés à une exposition aux rayonnements.

Screening children for thyroid cancerHormis la hausse sensible de l'incidence des cancers de la thyroïde parmi les personnes exposées à un jeune âge, et certains éléments indiquant l'augmentation de l'incidence des leucémies et des cataractes parmi les travailleurs, il n'existe pas de preuve tangible de la hausse de l'incidence des cancers solides ou des leucémies dans les populations exposées. Il n'existe pas non plus de preuve d'autres troubles bénins associés à une radioexposition. Par contre, l'accident a entraîné des réactions psychologiques nombreuses, qui étaient dues à la peur des rayonnements, et non aux rayonnements eux-mêmes.

Si l'on a tendance à attribuer la hausse des taux de tous les types de cancers à l'accident de Tchernobyl, il convient de noter que des augmentations avaient déjà été observées dans les zones touchées avant l'accident. De plus, on a enregistré une hausse générale de la mortalité ces dernières décennies dans la plupart des régions de l'ex-Union soviétique, fait qui doit être pris en compte lorsque l'on interprète les résultats des études menées sur l'accident.

La compréhension, à l'heure actuelle, des effets différés d'une exposition prolongée aux rayonnements ionisants est limitée, car les évaluations de la relation dose-effet s'appuient fortement sur les études menées sur l'exposition à des doses élevées et les expériences sur les animaux. Les études sur l'accident de Tchernobyl permettront peut-être de mieux comprendre les effets différés d'une telle exposition, mais compte tenu de la faiblesse des doses reçues par la majorité des personnes exposées, il se peut qu'une augmentation de l'incidence des cancers ou de la mortalité soit difficile à détecter dans le cadre d'études épidémiologiques.

Conclusions

L'accident survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl, en 1986, a été tragique pour les victimes, et les personnes les plus affectées ont été durement éprouvées. Certaines des personnes qui ont participé aux opérations de secours y ont laissé leur vie. Si les personnes qui, enfants, ont été exposées et les membres des équipes d'intervention et de secours présentent un risque élevé de subir des effets induits par les rayonnements, la grande majorité de la population ne doit pas craindre de conséquences graves pour sa santé. La plupart des personnes ont été exposées à des niveaux de rayonnement équivalant à une fois ou plusieurs fois le fond de rayonnement naturel annuel, et l'exposition continue de diminuer progressivement au fur et à mesure de la désintégration des radionucléides. L'accident de Tchernobyl a certes bouleversé des vies, mais du point de vue radiologique, les perspectives concernant la santé de la plupart des personnes sont plutôt positives.


La dernière publication est le Rapport de l'UNSCEAR pour 2008: "Sources et effets des rayonnements ionisants" (pdf) .

Last updated: Thursday, 12 May 2011